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Belle-Île-en-Mer, île bretonne

Puisque je la découvre durant le weekend pascal de 2022, Belle-Île est en quelque sorte mon île de Pâques. Un temps radieux et de douces températures sont annoncées, l'opportunité de visiter la bien nommée est facile à saisir. Seulement, l'idée est tellement bonne que je ne suis pas le seul à l'avoir...


Les places pour vélos sont devenues rares sur le bateau. Moi qui comptait me rendre sur l'île samedi dès le début d'après-midi, il me faut finalement attendre le bateau de 20h15.


Un vélo bien chargé pour un minimum d'autonomie sur l'île

Pour patienter en attendant le bateau du soir, voici une brève présentation de l'île :

Située au sud de la Bretagne et rattachée administrativement au département du Morbihan, Belle-Île-en-Mer est la plus grande île bretonne, et la troisième plus grande île de France métropolitaine après la Corse et Oléron.

Ses 5 400 résidents annuels se répartissent dans les quatre communes de l'île :

  • Le Palais, chef-lieu de l'île et port principal ;

  • Bangor, couvrant la partie sud ;

  • Locmaria, à l'est ;

  • Sauzon, au nord-ouest.

La documentation de l'office du tourisme m'apprend que dès le 19e siècle, ses paysages marins, ses hautes falaises découpées, ses plages et ses terres vallonnées ont attiré d'illustres touristes : Gustave Flaubert en 1847, Claude Monet en 1886 ou encore Sarah Bernhardt à partir de 1894...


Ah... Le bateau est à quai. Ce n'était pas si long finalement. Je vais pouvoir embarquer, nous découvrirons la suite ensemble.


La traversée se fait sous les lueurs d'un horizon enflammé par le soleil couchant :


Arrivée au port de Le Palais :


Tandis que le soleil se couche, la lune se lève vêtue d'une robe orangée :


Pour rejoindre le lieu de mon hébergement dans la commune de Bangor, je traverse le cœur de l'île entre chien et loup, sous la pâle lueur des premières étoiles et de la pleine lune. Sur le chemin, les hameaux ne se révèlent qu'à moitié, en partie masqués par l'ombre projetée de l'éclairage public. À vélo, la fraîcheur à la fois nocturne et maritime est prégnante. Arrivé à destination, c'est à la lueur de la lampe frontale que je plante la tente.


Le lendemain, le ciel bleu est au rendez-vous comme convenu. Je me dirige vers Port-Coton. Sur le chemin, le phare du Goulphar s'impose de toute sa hauteur.



Alors que le phare exerce sa vigilance depuis la terre ferme, les Aiguilles de Port-Coton le font dans la houle :



Ces aiguilles sont tellement saisissantes que Claude Monnet s'est attardé à peindre six versions de ces curiosités géologiques :

Claude Monnet, Les Pyramides de Port-Coton, mer sauvage, 1886

À comparer avec ce point de vue :


Plus à l'est, la côte est tout aussi déchiquetée :



La brume est parfois si épaisse que l'éclairage du phare n'est plus suffisant pour prévenir les naufrages. En 1892, une sirène de brume a donc été installée aux sommets des falaises :

Elle sera utilisée jusqu'en 1987 :


Du côté de l'Apothicairerie :

Île en Oulm
Vers le nord, Roc'h Toull

Le cœur de l'île est verdoyant, le relief ondulé et les hameaux sont composés de maisons blanches.



À l'extrême nord-ouest, la Pointe des Poulains :


Le Fort Sarah-Bernhardt et le rocher Basse-Hiot à droite
Le Phare des Poulains
La première fois que je vis Belle-Île, je la vis comme un havre, un paradis, un refuge. J’y découvris, à l’extrémité la plus venteuse, un fort, un endroit spécialement inaccessible, spécialement inhabitable, spécialement inconfortable, et qui, par conséquent, m’enchanta.

— Sarah Bernhardt, Ma double vie, 1907


Le Fort Sarah-Bernhardt, ancien Corps de garde de la Pointe des Poulains
le Rocher du Chien

En redescendant vers le sud-est, passage au port de Sauzon :



Au centre de la côte nord de l'île, Le Palais :


Le port de Le Palais est surplombé par la citadelle de Vauban, à droite sur la photo :




Vers Locmaria, direction l'extrême est :


Le paysage est plus doux que celui de la côte sud...


Finalement, je n'ai pas vu passer les 55 km en vélo qui se dévorent facilement :


Plusieurs circuits sont balisés, mais les indications de certains carrefours laissent parfois à désirer. Des cyclistes ne semblent d'ailleurs pas convaincus :


Quoi qu'il en soit, il n'y a pas de quoi se perdre sur ce petit coin de terre. Et puis même ! Prendre le temps de se perdre peut s'avérer avantageux pour découvrir les perles cachées...

– Cette fois on est égarés !
– Comment ça égarés ?
– Oui, car il faut se perdre pour trouver l'introuvable, sinon tout le monde trouverai l'introuvable.

— Dialogue dans Pirates des Caraïbes, jusqu'au bout du monde






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