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Europe centrale en vélo (1/6) : Luxembourg

Mis à jour : janv. 9

Samedi 13 juillet 2019. Me voilà sur la route, croisant vers l'est à allure régulière. Le coffre est encombré d'un vélo, de sacoches, d'ustensiles, de nourritures, de vêtements... Bref de quoi gagner en autonomie. L'équipement ressemble d'ailleurs à s'y méprendre à celui utilisé pour la boucle des Pays-Bas.


À quoi cela rime-t-il ?


Pour le comprendre, il faut remonter le temps un mois plus tôt, lorsqu'à la mi-juin Monsieur Fabrice enfourche son vélo après avoir décidé de relier son domicile de Roanne à... Budapest.


Soit environ 1700 km.


Ben voyons.


Rien que ça.


Le matériel pour un Roanne - Budapest
(...) J’ai troqué le moteur contre les pédales et pris la décision de partir sur la route des fleuves (Loire, Rhin et Danube) ou la dénommée Euro vélo 6 !!! (...) Objectif un mois et demi de vélo pour atteindre Budapest sans perdre son fessier et son dos…

Fabrice, Euro vélo 6 de Roanne à Budapest, article de Camionnet'party



Et il y arrive ! Du moins au bout d'un mois, ce bourlingueur au mental d'acier approche de Vienne. Et c'est dans cette ville que nous avons rendez-vous. Ensuite, je l'accompagnerai sur les 400 derniers kilomètres jusqu'à Budapest. Nous traverserons en partie l'Autriche, la Slovaquie et la Hongrie.


Voilà donc pourquoi je me retrouve sur la route en cette mi-juillet, cap vers l'est.


Ma première étape sera Luxembourg. Cela pour me permettre de joindre l'utile à l'agréable : d'une part le carburant y est bon marché et d'autre part mon palmarès de petit voyageur s'enrichit d'une capitale. "Enrichir" est d'ailleurs le mot, Luxembourg ayant sa réputation.


Arrivée le soir dans le Grand-Duché, j'installe la tenting'car dans les bois, à cinq kilomètres du centre-ville de la capitale.

Après une bonne nuit de repos, la matinée est consacrée à la visite de la ville, à la amsterdamoise, c'est-à-dire à vélo.



Le ciel est couvert. De plus, de nombreux travaux sont en cours dans la ville, ce qui ne contribue pas à mettre en valeur certaines avenues et de nombreux bâtiments traditionnels :


Le centre-ville est plutôt agréable pour se déplacer à pied voire à vélo, mais la ville manque tout de même de caractère.







En arpentant les rues, on parvient non sans mal à dénicher quelques endroits pittoresques :


Le Palais grand-ducal est d'une beauté froide :





La ville est coupée en deux par une vallée aux pentes abruptes. Au fond coule la sinueuse Alzette. Pour l'enjamber, le Pont Adolphe et ses arches si reconnaissables constituent le trait d'union entre les deux parties de la ville :



La traversée du pont est réalisée grâce à une piste cyclable "under-bridge" :

Un bien joli effet de perspective !

Au-dessous et au cœur de la ville, une vallée verdoyante :


Fidèle à sa réputation, Luxembourg est incontestablement une place financière. Les banques occupent des monuments au style traditionnel...



... ou modernes :

À ce propos je fais remarquer que le mot "luxembourgeois" rappelle par sa sonorité l'association de "luxe" et de "bourgeois". Certes, c'est caricatural, mais il y a un petit quelque chose de vrai... Un soupçon...


En fin de matinée, je reprends la route. Je traverse une partie de l'Allemagne et m'arrête le soir dans un bois après avoir passé Ratisbonne, non loin du Danube que j'aperçois pour la première fois de ma vie. Suis-je le seul à trouver le nom de "Danube" chargé d'exotisme, évoquant la lointaine et belle époque Européenne ?


Le lendemain la frontière autrichienne est passée. Entre les vignettes suisse, autrichienne, françaises et le télé-badge, mon pare-brise commence à ressembler à la page d'un album Panini :

Heureusement que la vignette slovaque est dématérialisée

Enfin je finis par passer la frontière slovaque (oui car pour des raisons de coût et pour une longue durée, il est davantage intéressant de déposer la voiture dans un endroit surveillé à Bratislava plutôt qu'à Vienne). Avec les 1800 km au compteur depuis le départ de Rennes, la fatigue est pesante. L'envie de s'échapper de l'habitacle pour prendre un bon bol d'air devient une obsession. Sur les routes germaniques, les conducteurs transpirent la discipline. Leur conduite est souvent rapide, mais propre. Ce qui n'est plus le cas dès l'entrée en Slovaquie : sur la route, les locaux sont des cow-boys.


Arrivé à Bratislava, je m'installe dans une forêt sur les hauteurs des Malé Karpaty méridionales, les Petites Carpates. J'y rencontre un couple à vélo, avec sacoches et remorque pour leur chien. Curieux hasard, ce sont des français. Plus exactement, des bourguignons. Ainsi mes tous premiers contacts en Slovaquie seront français. Niveau dépaysement culturel j'ai connu mieux. Mais cela permet d'échanger sur l'Eurovélo 6 et plus généralement sur les voyages à vélo, échanges assaisonnés de juteuses anecdotes.


Ce soir, je m'endors avec une seule idée en tête, idée que je réaliserai demain matin : après avoir déposé la voiture sur Bratislava, je m'évaderai enfin au grand air dans les profondes campagnes d'Europe centrale.




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