• Simoon

Sur les pas de Stevenson (2/2)

Mis à jour : juin 3

Après une pluvieuse et venteuse nuit, le réveil n'est pas des plus agréable ; la tente est chargée d'humidité, la fraîcheur de l'air est prégnante, et voilà que des courbatures apparaissent aux mollets !


Je ne peux alors m'empêcher de penser à cet extrait de culture populaire :

Sur la mer en furie (...), j'me suis cogné partout, j'ai dormi dans des draps mouillés (...), c'est d'la plaisance, c'est le pied !

— Renaud, Dès que le vent soufflera


Allez ! C'est du loisir ! On se rechausse, on hisse le sac à dos, et on reprend notre chemin ; on place un pied devant l'autre, et on recommence...



Tout de même, la beauté des paysages est un sacré lot de consolation !





Assez rapidement, nous atteignons le sommet Du Cayla :


Le Cayla, 1 068 m

Le sommet du Cayla n'est pas rien pour notre randonnée : il s'agit du point culminant. Nous avons passé deux jours à monter, voire à grimper... À présent, place à la descente !


En passant par le col des Laupies :


Une fontaine creusée dans un tronc ; de quoi remplir nos gourdes, et même pour certain d'entre nous, se faire un petit shampoing* à l'eau glacée !

* avec un savon respectueux de l'environnement, je précise...


Cerise sur le gâteau, le beau temps s'installe :


Une roulotte bien accueillante, avec la tentation d'y séjourner.


Aux portes de St Germain-de-Calberte, châtaigners et pentes en terrasses se partagent le paysage.

Fabrice, Article sur Camionnet'Party



Saint-Germain-de-Calberte. Nous avons enfin rejoint une étape dans laquelle Stevenson a mis les pieds ! Et dire qu'il a peut-être foulé cette petite rue :


[Saint-Germain-de-Calberte] s'étage en terrasses sur une pente escarpée au milieu de vigoureux châtaigniers

Robert L. Stevenson, Voyage avec un âne dans les Cévennes


Saint-Germain-de-Calberte accroché au versant

Ce village est ô combien vivant ! Dans les rues, les habitants interpellent, blaguent et rient. Tous se connaissent, comme il est normal. Alors qu'il y a quelques siècles ce gros hameau fut au cœur des guerres de religions, nous ne pouvons qu'adhérer aux impressions de Stevenson :

L'imagination se figure à grand-peine que Saint-Germain-de-Calberte ait pu être autrefois la scène de ces agitations incessantes. Tout y est maintenant si paisible.

Robert L. Stevenson


Nous avons décidé de passer la nuit au village. Mais où planter la tente ? Le camping est fermé, l'aire municipale est envahie d'herbes hautes, les propriétés privés se partagent le terrains... Même si le but n'est pas nécessairement d'être original, il reste le terrain de football !


Le lendemain matin, nous reprenons le chemin de randonnée vers le sud, en serpentant à travers genêts et châtaigniers.





Après une bonne portion de chemin sur route goudronnée...

En arrière-plan, un Fabrice impatient de retrouver le sentier sauvage

... nous arrivons à Saint-Étienne-Vallée-Française.



Je traversais Saint-Étienne de la Vallée française, ou Val Francesque comme on a coutume de l'appeler ici

— Robert L. Stevenson






Place de l'Église

Une pause à Saint-Étienne pour se restaurer, puis nous nous apprêtons à gravir le mont Saint-Pierre :

Le chemin monte, monte...


Cette montée n'en fini pas ! En plus d'être interminable, nous n'échapperons pas à la pluie que nous voyons arriver au loin.

D'ailleurs, Stevenson écrira :

Vers le soir, je commençais à gravir le mont Saint-Pierre. Longue et pénible ascension !

Col Saint-Pierre, 637 m

Une fois arrivé au col, nous quittons la Lozère pour le Gard :


Enfin, en passant le col et alors que le soir approche, nous profitons d'une nouvelle vue sur la vallée dont nous descendrons au fin fond :

J'avais pressé Modestine, au-delà même de ses forces, car j'étais extrêmement désireux de jouir de la vue sur l'autre versant avant la tombée du jour. (...) Une vallée béante, comblée de ténèbres, approfondissait à mes pieds un gouffre creusé dans la nature. Mais le profil des monts se découpait franchement dans le ciel (...)

— Robert L. Stevenson


Après avoir atteint le Gardon de Saint-Jean au fond de la vallée, me voilà bien fatigué. Un couple de fermiers nous permet de planter les tentes sur l'une de leurs terrasses à flanc de colline.


Vue depuis la tente, au matin :


Dernière journée de randonnée ! Ce soir, nous serons à Anduze !


Le Gardon de Saint-Jean


Le sentier fini par nous mener à Saint-Jean-du-Gard. Comme précisé dans le premier article, cette petite ville constitue l'arrivée du voyage pédestre de Stevenson avec son âne Modestine.


[À Saint-Jean-du-Gard] Comme je me trouvais à présent dans une région civilisée avec service d'omnibus, je décidai de vendre mon amie et de partir par la diligence (...).

— Robert L. Stevenson


Non. Fabrice ne m'a pas vendu. Nous n'avons pas poussé si loin la reconstitution.

De toute façon, il n'aurait pas tiré grand-chose de la transaction, car Modestine, elle, n'a pas traîné la patte...

Notre trotte de la veille, (...) donnait une idée avantageuse des capacités de ma bourrique.

Robert L. Stevenson


... et pourtant l'écrivain n'en tira que 35 francs ! Convertis en euros, la recette n'aurait pas pesé bien lourd dans la poche de Fabrice.


Enfin, nous avons pu rentrer sur Anduze en passant par Corbès, par monts et par vaux courant le long du Gardon de Saint-Jean.


Derrière nous, Saint-Jean-du-Gard


Au loin, nous reconnaissons le profil des montagnes. Depuis notre départ d'Anduze, elles n'ont pas bougé...


Durée de la randonnée : 5 jours et demi, 5 nuits en bivouac.



Distance parcourue : 96 km.



Dénivelé positif cumulé : 5 685 m.






Un peu de repos mérité, enfin !


Calendrier de la randonnée :


Bon ben si ça ne vous dérange pas, je vous quitte. Je vais faire un p'tit somme ! ZZZZzzzzz...




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