• Simoon

Sur les pas de Stevenson (1/2)

Mis à jour : juin 2

Sept mois.


Sept mois que la tente de toit n'est plus déployée.


Entre la situation sanitaire, les confinements, le couvre-feu, les conditions hivernales et l'envie de rester en pantoufles chez soi... Il m'a fallu sept mois pour dépoussiérer la tente de toit.


Mais ça y est, nous sommes le 13 mai, en mai fait ce qu'il te plaît, et le grand bal des excursions peut rouvrir. Et pour l'ouverture 2021, le parc des Volcans d'Auvergne est à l'honneur.



Grands prés bordés de sapins, vue sur le Puy de Dôme. Pas de doute, c'est bien la chaîne des Puys

Oh certes ! Il y eut pourtant des tentatives d'évasion depuis le début de l'année. Ainsi nous avions prévu, avec l'ami et grand vadrouilleur Fabrice, d'effectuer un road trip entremêlé de randonnées dans les gorges du Tarn en avril. Plus exactement, nous nous étions organisés pour débuter notre périple le 2 avril. Jusqu'au 1er avril, tout était prêt, j'étais déjà sur la route. Puis survint une annonce. Début du 3e confinement : 3 avril.


Bon, ce n'est pas de chance. Mais à présent que le confinement est terminé, il ne devrait plus y avoir d'obstacle majeur pour un nouveau voyage. La météo de mai étant plus favorable que celle d'avril, nous optons pour une randonnée pédestre de plusieurs jours avec sacs à dos et bivouacs dans les Cévennes. L'immersion ne sera que plus grande !


Derniers essais de matériel : fier dans mon poncho, je tente de survivre à un ridicule qui pourtant ne tue pas



"Ne plus y avoir d'obstacle", disais-je ? Que nenni ! Alors que j'étais en route direction le sud pour rejoindre Fabrice, voilà que j'apprends par la radio qu'un tueur s'est caché dans les Cévennes. Et devinez où ? Pile sur notre parcours !

En effet, le sentier de Grande randonnée du Tour des Cévennes (GR n°67) que nous voulions emprunter borde l'ouest Des Plantiers, lieu du drame, avec un périmètre de sécurité bouclé par environ 300 gendarmes !


Ajoutez à cela que Fabrice, après s'être coupé les cheveux, ressemblait physiquement à la photo diffusée du fugitif... Bonjour les confusions sur le terrain !

L'un est Fabrice, l'autre est le tireur des Cévennes. Qui est qui ?

Je rejoins donc Fabrice dans la chaîne des Puys d'Auvergne. Nous en profitons pour discuter de la situation, tout en se lamentant sur notre sort qui reste, certes, très relatif. Dans notre immense sagesse, nous décidons donc de modifier notre parcours. Histoire de ne pas faire de mauvaise rencontre, ni de se voir le passage barré par la maréchaussée.


Anduze, dans le Gard, est notre point de départ. Plutôt que de partir vers le couchant comme initialement prévu, nous prendrons de l'altitude vers le nord en passant la frontière de la Lozère, et ce jusqu'à Saint-André-de-Lancize.

Puis nous redescendrons vers le sud pour rejoindre Saint-Germain-de-Calberte. C'est dans ce village que nous ferons nos premiers pas sur le GR70, c'est-à-dire le chemin du célèbre romancier et aventurier Robert L. Stevenson. Du moins la dernière étape du chemin de Stevenson, qui se termine à Saint-Jean-du-Gard. Enfin, nos routes se sépareront, puisque Stevenson rentra en diligence à Alès, tandis qu'avec Fabrice nous retournerons à Anduze, à pieds comme il se doit.


Dès la première après-midi, nous prenons de la hauteur sur le pays des camisards :




Seuls randonneurs dans la forêt de Montluziers, les contraintes du couvre-feu nous semblent quelques peu lointaines. C'est bien parce que les ombres s'allongent que nous décidons de planter les tentes.

Sous le tapis, le sol est dur. Mais sur le site, la vue est belle.


Le lendemain, le ciel est couvert. Nous traversons le Mas Soubeyran, avec son musée des Martyrs du Désert.




Le Pont des Camisards, Mialet

Hameau des Aïgladines

Le soir tombe au Pereyret. Au bord des crêtes, nous sommes dans les nuages :



Le lendemain au réveil, les nuages sont toujours là :


Sur la montagne de la Vieille Morte, un esprit erre dans la brume…

— Fabrice, article sur Camionnet'Party


Serait-ce Gandalf le Gris !?

Cependant, nous profitons tout de même de quelques éclaircies :



Col de Prentigarde, 785 m

Le temps se gâte, le vent souffle, la pluie s'approche...



À la sortie du hameau des Ayres :



Cette nuit, le temps ne sera pas clément. Nous plantons les tentes à 900 m d'altitude sous la pluie. La nuit est d'encre, les rafales de vents mugissent dans les sapins et les boulots avec un vacarme de mer agitée. En fermant les yeux, je sens presque les embruns. Malgré les incessantes déferlantes, la fatigue du naufragé l'emporte, Morphée vaincra Neptune.



Suite dans le prochain article !



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